Art minima

Le minimalisme en art visuel, généralement appelé art minimal, a émergé à New York dans les années 1960. Initialement, l'art minimal est apparu à New-York dans les années 60 alors que plusieurs artistes commencent à favoriser l'abstraction géométrique. Kenneth Noland, Tony Smith, Frank Stella, Dan Flavin, David Smith et Donald Judd font entre autres partie de cette émergence. Les premières œuvres fluorescentes de Flavin ainsi qu’une sculpture de Judd sont présentées en 1964 à la Green Gallery de Manhattan, tandis que d'autres grandes galeries de l'île, comme la galerie Leo Castelli et la Pace Gallery, commencent également à mettre en valeur les artistes portés sur l'abstraction géométrique.

Deux expositions en musées en 1966 sont influentes dans l'émergence du minimalisme : Primary Structures: Younger American and British Sculpture au Jewish Museum de New York et Systemic Painting au Solomon R. Guggenheim Museum, qui mettent en vedette l’abstraction géométrique dans le monde de l'art américain par l'intermédiaire de toiles en forme, de champs de couleurs et de la peinture hard-edge. Dans le sillage de ces expositions et de quelques autres, le mouvement artistique appelé art minimal s'établit.

« Dans un sens plus général, on trouve des racines européennes au minimalisme dans l'abstraction géométrique de plusieurs peintres. »

Le minimalisme se rapporte, par exemple, à des peintres associés au Bauhaus, Kazimir Malevitch, Mondrian ainsi qu'à d'autres artistes associés au mouvement De Stijl, et au mouvement constructiviste russe. Le travail du sculpteur roumain Constantin Brancusi influence également l'art minimal, tout comme les peintures de Barnett Newman, Josef Albers, Ad Reinhardt et les œuvres d'artistes aussi divers que Pablo Picasso, et Marcel Duchamp. Le minimalisme est aussi une réaction contre la subjectivité picturale de l'expressionnisme abstrait qui a dominé le monde de l'art pendant les années 1940 et 1950.

Contrairement aux expressionnistes abstraits de la décennie précédente, qui oeuvraient dans la subjectivité, les minimalistes déclarent explicitement que leur art ne reflète pas de l'expression de soi. Leur philosophie d’art est objective. En général, les caractéristiques du minimalisme incluent des formes géométriques, souvent cubiques, purgées de métaphore, l'égalité des parties, la répétition, l'usage de surfaces neutres et de matériaux industriels.

En raison de la tendance du minimalisme à exclure l'art pictural, illusionniste et fictif en faveur du littéral, le mouvement s’éloigne de la peinture et se rapproche de la sculpture. Le mouvement est fortement critiqué par les critiques d'art moderne et les historiens : certains détracteurs trouvent que l’art minimal témoigne d'une incompréhension de la dialectique moderne de la peinture et de la sculpture.